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15 Septembre devant le Palais du Peuple : la C64 défie la rentrée parlementaire
By GéantRadio
Published on 15/08/2026 20:27
POLITIQUE

Réunis ce samedi 15 août 2026 à Kinshasa, les membres de la plateforme d’opposition C64 ont rendu publique une position commune, sans ambiguïté. Ils rejettent toute initiative visant à réviser ou à modifier la Constitution de la République démocratique du Congo, notamment si elle devait permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.

La rencontre, tenue dans la capitale, a réuni plusieurs cadres politiques et figures de la société civile regroupés au sein de la C64. Dans une déclaration lue à l’issue des échanges, les opposants ont dénoncé ce qu’ils qualifient de tentatives répétées de contourner les verrous constitutionnels établis depuis 2006.

Pour la C64, la Constitution promulguée le 18 février 2006 reste le socle de la stabilité institutionnelle du pays. Les signataires estiment que toute modification de l’article relatif au nombre et à la durée des mandats présidentiels constituerait une rupture du contrat républicain.

« Nous réaffirmons notre opposition catégorique à toute révision ou modification de la Constitution qui ouvrirait la voie à un troisième mandat », peut-on lire dans le communiqué final. Les opposants rappellent que le respect de la loi fondamentale est une condition indispensable à l’alternance démocratique et à la crédibilité des institutions.

Prenant la parole, Delly Sesanga, l’un des animateurs de la plateforme, a exhorté les Congolais à ne pas rester spectateurs. Il a appelé à une prise de conscience collective et à une mobilisation citoyenne pour défendre les acquis démocratiques.

« Le peuple congolais doit rester vigilant. Notre Constitution n’est pas une coquille vide que l’on peut vider de son contenu au gré des ambitions personnelles. Il est temps de nous lever pour la protéger », a déclaré l’ancien ministre du Plan.

Selon lui, la défense de la Constitution dépasse les clivages partisans. Il a insisté sur la nécessité d’informer la population, notamment dans les provinces, sur les risques d’un changement des règles du jeu à quelques années des prochaines échéances électorales.

Au-delà des déclarations, la C64 passe à l’action. La plateforme a annoncé l’organisation d’une grande manifestation le lundi 15 septembre 2026. Le rassemblement est prévu devant le Palais du Peuple, à Kinshasa, au moment de la rentrée parlementaire.

L’objectif affiché est double. D’abord, interpeller directement les députés et sénateurs sur leur rôle de garants de la Constitution. Ensuite, envoyer un signal fort au pouvoir en place et à l’opinion nationale et internationale.

Les organisateurs promettent une mobilisation pacifique. Ils disent vouloir remettre aux présidents des deux chambres un mémorandum récapitulant leurs revendications : respect strict de la Constitution actuelle, rejet de toute proposition de révision portant sur le mandat présidentiel, et ouverture d’un dialogue sur la gouvernance électorale.

Cette sortie de la C64 intervient dans un climat politique des débats récurrents sur une éventuelle réforme constitutionnelle. Depuis plusieurs mois, des voix proches du pouvoir évoquent la nécessité d’adapter la Constitution aux réalités du pays. Leurs adversaires y voient au contraire une stratégie pour prolonger l’exercice du pouvoir.

La question du troisième mandat reste particulièrement sensible en RDC, où l’histoire politique récente a montré l’impact des modifications constitutionnelles sur la stabilité. En s’opposant dès maintenant, la C64 cherche à verrouiller le débat avant son entrée au Parlement.

La date du 15 septembre n’a pas été choisie au hasard. Elle coïncide avec la reprise des travaux à l’Assemblée nationale et au Sénat. C’est à ce moment que le gouvernement présente traditionnellement ses priorités législatives pour la nouvelle session.

En choisissant ce créneau, la C64 espère mettre la question constitutionnelle au centre de l’agenda parlementaire. La plateforme compte aussi s’appuyer sur la mobilisation de la base pour faire pression sur les élus.

Reste à voir quelle sera la réponse des autorités et quelle ampleur prendra la manifestation annoncée. Pour l’heure, la C64 dit vouloir poursuivre ses consultations avec d’autres forces politiques et sociales afin d’élargir le front du refus.

Yves Sayo 

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