Vendredi 14 août, l’Esplanade de l’Échangeur de Limete a accueilli le premier grand rassemblement public de la Nouvelle Génération pour le Changement, NGC. Devant une foule nombreuse, la structure politique a officiellement présenté ses orientations à l’opinion kinoise. À sa tête, Me Mardochée Nsele Minga, cadre du FIDEC et attaché politique de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, a donné le ton d’un mouvement qui se veut porteur d’une rupture générationnelle.
Le choix de Limete n’est pas anodin. Carrefour populaire et lieu de grandes mobilisations politiques à Kinshasa, l’Esplanade de l’Échangeur a servi de vitrine à la NGC pour tester sa capacité de mobilisation dès son entrée en scène. Les images de la journée montrent une marée humaine, drapeaux en main et banderoles appelant à "une politique autrement". Pour ses initiateurs, il s’agissait de marquer le début d’un travail de terrain et non d’un simple événement de lancement.
Dans son discours central, le coordonnateur national de la NGC a mis l’accent sur trois axes: gouvernance responsable, participation citoyenne et réformes institutionnelles.
Me Mardochée Nsele a martelé une idée: la jeunesse congolaise doit quitter le statut de figurant pour devenir acteur à part entière des décisions nationales.
Il a lié cette exigence au contexte actuel marqué par l’annonce d’un dialogue national inclusif et républicain par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. Pour le responsable de la NGC, ce cadre doit intégrer une représentation jeune crédible, avec mandat et voix délibérative, et non une représentation de façade.
Autre temps fort de l’intervention: la position de la NGC sur le débat constitutionnel. Me Nsele a réaffirmé le soutien du mouvement au chef de l’État et à la démarche d’une nouvelle Constitution.
Il a rappelé que la structure s’était déjà engagée concrètement à travers la pétition déposée en juin dernier à l’Assemblée nationale. Selon lui, le pays a besoin d’un texte fondamental adapté aux défis de gouvernance, de décentralisation et de participation des nouvelles générations.
En se présentant comme un "fils idéologique" de Fifi Masuka, Me Mardochée Nsele inscrit la NGC dans la lignée du FIDEC, parti cher à la gouverneure du Lualaba. Cette filiation politique vise à donner au mouvement une assise à la fois nationale et provinciale, entre Kinshasa et le Lualaba, région souvent citée en exemple pour ses chantiers d’infrastructures et sa gestion.
L’objectif affiché est de former et de promouvoir une nouvelle génération de responsables politiques. Moins dans la logique de clientélisme, davantage dans une logique de compétence, de redevabilité et de proximité avec les préoccupations des jeunes: emploi, éducation, entrepreneuriat, accès aux instances de décision.
Avec ce premier meeting, la NGC tente de se démarquer dans un espace politique déjà saturé. Son pari repose sur deux leviers: la question générationnelle et la réforme institutionnelle.
En ciblant la jeunesse urbaine, souvent désabusée mais très connectée, le mouvement espère capter une énergie politique en quête de repères. En s’alignant sur le projet présidentiel de réforme, il cherche aussi une lisibilité institutionnelle.
La NGC annonce déjà des descentes dans les universités, des ateliers de formation civique et des caravanes d’éveil citoyen dans plusieurs provinces. L’enjeu pour Me Nsele et son équipe sera de transformer la mobilisation de Limete en structuration durable, avec des relais locaux et un programme concret.
Au-delà du symbole, la NGC pose donc une question de fond: comment faire de la jeunesse congolaise non plus un réservoir électoral, mais une véritable force de proposition. C’est sur cette promesse que le mouvement entend construire sa crédibilité à l’approche des grands rendez-vous politiques du pays.
Yves Sayo