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Interpellation de John Nawej à 23h23 : la jeunesse du Lualaba exige vérité et justice
By GéantRadio
Published on 01/08/2026 19:39
SÉCURITÉ

Réunis ce jour à Kolwezi, les représentants des différents mouvements, organisations de la société civile et collectifs de jeunes de la Province du Lualaba expriment une profonde indignation face à la dégradation continue du climat sécuritaire qui frappe la province. Au cœur de leurs préoccupations, la situation de la jeunesse qui paie aujourd’hui le plus lourd tribut de cette dérive. 

Portant ensemble la voix de la jeunesse de l’opposition, de la majorité et de la société civile, les signataires affirment vivre dans un contexte de plus en plus anxiogène. Ils estiment que leur droit fondamental à la liberté d’expression et de réunion est aujourd’hui gravement entravé par la multiplication des arrestations et des enlèvements qui se produisent aussi bien en pleine journée que tard dans la nuit.

Cette situation installe selon eux un climat de peur incompatible avec les principes démocratiques garantis par la Constitution.

L’élément déclencheur de cette sortie publique reste l’interpellation du Président du Conseil Urbain de la Jeunesse, Monsieur John NAWEJ. Selon les témoignages recueillis, il a été arrêté sans aucun motif légal à son poste de travail le jeudi 30 juillet 2026 à 23 heures 23 minutes avant d’être conduit vers Luilu à une heure tardive.

Les jeunes s’interrogent aujourd’hui sur les véritables intentions de cet acte et sur le lieu exact de sa détention. Ils dénoncent une procédure qui bafoue les règles les plus élémentaires de légalité.

Depuis plusieurs mois, la Province du Lualaba, longtemps considérée comme un havre de paix dans la partie sud du pays, est secouée par une série d’arrestations et d’enlèvements jugés arbitraires. Les jeunes sont devenus des cibles privilégiées d’agressions, de violences gratuites et de disparitions forcées.

Dans le même temps, les leaders des mouvements de jeunes qui portent la voix des communautés font l’objet de menaces de mort, d’intimidations répétées et de filatures par des individus non identifiés. Pour les signataires, ces pratiques récurrentes visent à faire taire toute forme d’engagement citoyen et à museler la participation de la jeunesse à la vie publique.

Face à cette escalade, les organisations réunies adressent un ensemble de recommandations fermes aux autorités politiques. Elles exigent d’abord l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et transparente afin de faire la lumière sur les circonstances de l’enlèvement de Monsieur John NAWEJ et de situer clairement les responsabilités.

Elles rappellent ensuite la nécessité de garantir le respect strict de la Constitution de la République Démocratique du Congo, en particulier les articles 23 et 26 qui consacrent la liberté d’expression, d’opinion et de manifestation pacifique. Pour désamorcer les tensions, elles proposent l’instauration d’un cadre de dialogue permanent associant la jeunesse de l’opposition, de la majorité et de la société civile. Enfin, elles demandent la cessation de toute instrumentalisation des services de sécurité à des fins politiques.

Aux autorités militaires et aux services de sécurité, le message est tout aussi clair. Il est demandé de cesser immédiatement les arrestations nocturnes, les enlèvements et les détentions menées en dehors des voies légales visant les leaders et responsables des jeunes. Les signataires insistent sur le respect des procédures judiciaires.

Toute interpellation doit se faire sur la base d’un mandat, en plein jour, et la personne concernée doit être présentée devant son juge naturel dans les délais prévus par la loi.

Il est également attendu des autorités qu’elles garantissent la sécurité physique et l’intégrité de tous les citoyens sans distinction d’appartenance politique. Par ailleurs, elles réclament que tout agent impliqué dans des actes d’enlèvement, de torture ou de détention arbitraire soit sanctionné conformément aux lois de la République.

Dans un dernier volet de leur déclaration, les jeunes du Lualaba s’adressent directement à leurs frères de Kinshasa. Ils dénoncent les campagnes d’attaques visant les autorités provinciales dans le but affiché de les déstabiliser. Ils appellent à mettre fin à ces campagnes de dénigrement qui affaiblissent la cohésion nationale et freinent le développement des provinces. Ils invitent à privilégier le dialogue et les canaux institutionnels car selon eux les divergences se règlent autour de la table et non dans la confrontation publique.

Ils rappellent aussi l’importance de respecter la décentralisation et l’autonomie provinciale garanties par la Constitution, en soulignant qu’attaquer les autorités provinciales revient à attaquer le peuple qui les a mandatées. Pour conclure sur ce point, ils plaident pour une action commune au service de l’intérêt supérieur du pays. Le Congo a besoin d’unité, particulièrement en cette période où les défis sécuritaires, économiques et sociaux exigent que toutes les forces vives parlent d’une seule voix. Ils appellent enfin à bannir le jeu politique destructeur.

En terminant, les mouvements, organisations et collectifs de jeunes du Lualaba réaffirment leur attachement indéfectible à la paix, à l’unité de la province et au respect de l’État de droit. Ils estiment que toute atteinte à ces principes ne fera que fragiliser davantage la cohésion sociale et compromettre l’avenir des jeunes générations.

Etienne Kankwende 

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