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Daniel Bumba sacrifie l’Union Sacrée : Ebola devient le bouclier contre la marche du 22 juillet
By GéantRadio
Published on 21/07/2026 12:58
POLITIQUE

La capitale congolaise reste sous régime restrictif. Ce lundi 20 juillet, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a confirmé devant la presse et les représentants politiques le maintien de l’interdiction de toutes les manifestations publiques sur l’ensemble de la ville. La mesure, déjà en vigueur depuis plusieurs semaines, est reconduite « jusqu’à nouvel ordre ».

L’annonce a été faite au terme d’une rencontre officielle avec une délégation de l’Union sacrée de la Nation. Les échanges ont porté sur la situation sécuritaire et sanitaire dans la capitale, dans un contexte marqué par la vigilance des autorités face à la résurgence de cas de fièvre hémorragique.

Selon le cabinet du gouverneur, l’interdiction trouve son fondement dans un télégramme émanant du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières. Le document instruit les gouverneurs des provinces de prendre toutes les dispositions nécessaires pour limiter les rassemblements de grande envergure.

L’objectif affiché est clair : réduire au maximum les contacts de masse afin de freiner la propagation de l’épidémie de la maladie à virus Ebola. Les services de santé provinciaux ont en effet signalé une recrudescence de cas suspects dans certaines zones du pays, ce qui impose une posture de prudence dans les grands centres urbains comme Kinshasa.

Pour Daniel Bumba, il s’agit d’une « mesure de prévention et de responsabilité ». Dans son adresse, il a insisté sur la nécessité de privilégier la santé publique au détriment des activités pouvant exposer la population à un risque de contamination. 

Cette reconduction a une conséquence immédiate sur la vie politique kinoise. La marche que l’Union sacrée avait programmée pour le mercredi 22 juillet dans plusieurs communes de Kinshasa ne pourra pas avoir lieu. 

La mobilisation était coordonnée par André Mbata, cadre de la plateforme et député national. Elle devait réunir militants et sympathisants pour exprimer le soutien de l’Union sacrée aux institutions et aux actions du gouvernement. 

Informée de la décision du gouverneur, la délégation de l’Union sacrée a pris acte. Les échanges ont aussi porté sur les alternatives possibles pour faire passer les messages politiques sans recourir à des rassemblements physiques. L’idée d’activités de sensibilisation de proximité et de campagnes de communication digitale a été évoquée.

Depuis le début de l’année, les autorités provinciales multiplient les mesures pour encadrer l’occupation de l’espace public. Entre la lutte contre les embouteillages, la désinfection de certains marchés et la surveillance aux points d’entrée de la ville, la priorité est donnée à la prévention.

Le maintien de l’interdiction des manifestations s’inscrit dans cette logique. Les services du ministère provincial de la Santé, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé et l’INRB, ont renforcé la surveillance épidémiologique. Des équipes de riposte sont en alerte et des points de contrôle ont été réactivés dans les zones à forte densité.

Les autorités rappellent que la maladie à virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels. Les rassemblements, cortèges et meetings constituent donc des cadres à risque élevé en cas de présence d’un cas non détecté.

La décision du gouverneur s’applique à tous, sans distinction. Partis politiques, mouvements citoyens et organisations de la société civile sont donc tenus de suspendre toute activité de rue jusqu’à nouvel avis.

Du côté de l’Union sacrée, les responsables indiquent vouloir privilégier le dialogue avec les autorités afin de trouver un cadre légal pour poursuivre leurs activités. D’autres formations politiques n’ont pas encore réagi officiellement, mais plusieurs cadres consultés reconnaissent la légitimité des raisons sanitaires invoquées.

Le gouvernement provincial précise que la levée de l’interdiction interviendra uniquement après évaluation de la situation épidémiologique par les experts. En attendant, la police nationale et les services de l’ordre ont reçu l’instruction de faire respecter strictement la mesure.

En clôturant la rencontre, Daniel Bumba a appelé les Kinois au calme et au respect des gestes barrières. Lavage des mains, signalement des cas suspects et évitement des contacts rapprochés font partie des recommandations martelées par les autorités sanitaires.

La ville de Kinshasa, qui compte plus de 15 millions d’habitants, reste l’un des points névralgiques du pays en matière de mobilité. Toute propagation y aurait des conséquences nationales. C’est cette responsabilité qui justifie, selon le gouverneur, le maintien d’une ligne ferme.

L’interdiction des manifestations publiques à Kinshasa est prolongée. Elle vise à protéger la population face au risque Ebola, au prix d’un gel temporaire des activités de mobilisation politique dans la capitale.

Yves Sayo 

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