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Eddy Kapend ordonne : retrait immédiat des FARDC du site de Kisankala
By GéantRadio
Published on 21/07/2026 10:36
POLITIQUE

L’assainissement du secteur minier dans le Lualaba entre dans sa phase opérationnelle. Conformément aux instructions du Président de la République, le commandement militaire a lancé le retrait des éléments des FARDC déployés sur les sites d’exploitation. Le site de Kisankala, dans le territoire de Lubudi, marque le point de départ de cette opération.

Dans une note de service signée ce début de semaine, le général-major Eddy Kapend, commandant de la 22ᵉ Région militaire, a ordonné le retrait immédiat de tous les militaires des FARDC présents sur le site minier de Kisankala. 

La directive est claire : évacuation totale des troupes, retour aux unités d’affectation, et interdiction de tout nouveau déploiement sans autorisation expresse de la hiérarchie militaire et des autorités provinciales.

Sur place, les premières colonnes ont commencé à quitter le périmètre minier. Des officiers ont été désignés pour superviser l’opération et dresser un état des lieux afin d’éviter tout vide sécuritaire ou toute récupération illégale du site après le départ des éléments.

Pour le commandement de la 22ᵉ Région, il s’agit d’appliquer à la lettre la décision présidentielle et de rétablir la séparation entre les missions de défense nationale et la gestion des espaces économiques.

Ce retrait intervient environ une semaine après l’annonce faite par le Président Félix Tshisekedi. Le Chef de l’État avait alors ordonné le retrait des militaires et des policiers déployés de manière illégale dans les zones d’exploitation minière à travers toute la République démocratique du Congo.

L’objectif affiché est triple : protéger les travailleurs, sécuriser les recettes de l’État et redonner aux civils la pleine administration des sites de production.

Au Lualaba, province qui concentre une part importante de la production cuprifère et cobaltifère du pays, la présence militaire dans les carrières et concessions était devenue un sujet récurrent de tensions entre opérateurs, communautés locales et services de l’État. 

Avec le démarrage effectif au site de Kisankala, les autorités veulent donner un signal fort. D’autres sites de la province sont déjà ciblés pour les phases suivantes, selon des sources militaires.

Le désengagement des FARDC vise d’abord à mettre fin aux pratiques de tracasseries, d’extorsion et d’occupation anarchique régulièrement dénoncées autour des sites. Il doit aussi permettre aux services civils, à la police des mines et aux gardes de l’État d’assumer pleinement leurs prérogatives.

Pour les entreprises minières, cette mesure est perçue comme une étape vers plus de prévisibilité. La présence de militaires non affectés à des missions de sécurisation réglementée créait souvent des zones grises juridiques et des risques pour le personnel.

Côté communautés, l’attente est forte. À Lubudi comme dans d’autres territoires miniers, les habitants espèrent que ce retrait s’accompagnera d’un renforcement de la police des mines, d’une meilleure gestion des conflits fonciers et d’un partage plus équitable des retombées de l’exploitation.

Les autorités provinciales du Lualaba annoncent par ailleurs la mise en place de missions de contrôle pour vérifier que le retrait est effectif et qu’aucun élément ne reste sur les sites sous un autre prétexte.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, cette opération est aussi un test de l’autorité de l’État. Le succès du retrait dépendra de la capacité du gouvernement à maintenir l’ordre sans l’armée, à sanctionner les dérapages et à protéger les installations stratégiques.

Le général-major Eddy Kapend a insisté sur la discipline. Selon lui, aucun militaire ne doit se soustraire à l’ordre ni chercher à rester sur un site sous couvert de mission privée. Des sanctions sont prévues contre les récalcitrants.

Le gouvernement central suit de près l’évolution. Le ministère des Mines et celui de la Défense doivent, dans les prochaines semaines, présenter un rapport conjoint sur l’état d’avancement du retrait dans l’ensemble des provinces minières.

Kisankala n’est qu’un début. Le plan prévoit une extension progressive à l’ensemble des sites miniers du Lualaba, puis aux autres bassins miniers du pays : Haut-Katanga, Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

L’enjeu est de taille. En désarmant l’économie minière de toute interférence militaire illégale, Kinshasa espère améliorer le climat des affaires, rassurer les investisseurs et augmenter les recettes publiques.

Pour les populations du Lualaba, le retrait en cours à Kisankala est le premier acte concret. Reste maintenant à le consolider, à l’évaluer et à l’étendre pour que la décision présidentielle produise tous ses effets sur le terrain.

Etienne Kankwende 

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