Réunis au sein de l’Association Sans But Lucratif Union des Jeunes SANGA (UJS), les jeunes de la communauté sangaphone ont observé une minute de silence en mémoire de tous les martyrs tombés pour la défense et la dignité de leur peuple.
Cette commémoration a également été l’occasion d’adresser les condoléances les plus attristées à la grande famille Lwanzo Lwa Mikuba, ainsi qu’à la famille biologique de Tata Paul Shamwange, figure disparue dont la mémoire reste gravée dans l’histoire collective.
Prenant la parole au nom d’une génération consciente de ses responsabilités, l’UJS affirme avec force le rejet de l’indifférence, de la résignation, de la marginalisation et de la division. Le message porté est clair : il s’agit d’un appel à la conscience, à l’unité et à la responsabilité collective.
Pendant de trop longues années, la communauté SANGA a vu son élan freiné par des conflits internes, des rivalités personnelles et des intérêts égoïstes. Ces divisions ont retardé le développement social, économique et culturel d’un peuple pourtant riche de son histoire et de son identité.
Aujourd’hui, l’UJS lance un appel solennel à tous les fils et filles SANGA du Lualaba et du Haut-Katanga. Le constat est simple : il n’existe qu’un seul peuple SANGA, porteur d’une histoire commune, d’une identité partagée et d’un destin lié.
Ce peuple est présent dans les territoires de Lubudi et Mutshatsha au Lualaba, ainsi que dans ceux de Kambove, Mitwaba et Kasenga au Haut-Katanga. Or, ces terres abritent une part importante des richesses minières qui font la renommée de la République Démocratique du Congo. Le Lualaba et le Haut-Katanga comptent parmi les provinces les plus riches du pays.
Malgré cette abondance, la jeunesse SANGA reste confrontée à un paradoxe douloureux : chômage élevé, manque d’opportunités et sous-représentation dans les sphères de décision. Face à cette situation, l’UJS interpelle l’autorité provinciale du Lualaba, incarnée par Madame le Gouverneur Fifi Masuka Saini, décrite comme femme de paix et promotrice du vivre-ensemble.
Elle rappelle le principe fondamental du Musanga : « Kudia talala ikwabana biya » – « Pour manger aisément, il faut partager équitablement ». Les jeunes s’étonnent de constater que ce principe ne se traduit que de manière limitée dans les faits.
L’UJS ne revendique aucun privilège. Elle réclame la justice, l’équité et la reconnaissance du rôle historique, économique et social de la communauté SANGA. Elle insiste également sur la gestion responsable et transparente des ressources issues des contributions des entreprises minières au développement communautaire.
Les populations impactées par l’exploitation minière ont des besoins urgents et concrets :
- Des écoles de qualité et accessibles
- Des centres de santé équipés
- L’accès à l’eau potable
- L’électrification des milieux ruraux et urbains
- Des routes praticables
- Des opportunités économiques durables pour la jeunesse
Le discours s’adresse aussi à ceux qui alimentent la haine et la division au sein du peuple SANGA. À ceux qui placent leurs intérêts personnels au-dessus de l’intérêt général, l’histoire réserve un jugement sévère. L’heure est venue de choisir : le camp de l’unité ou celui de la division. Il n’existe plus de zone neutre.
Un appel fraternel est lancé aux chefs coutumiers. Leur rôle est déterminant pour renforcer la cohésion. L’UJS les invite à promouvoir la réconciliation, le dialogue et à refuser toute manipulation politique visant à opposer les filles et fils SANGA. Ils doivent rester les gardiens de l’identité, de la culture et de l’unité, et parler d’une seule voix pour défendre les intérêts légitimes du peuple.
Les autorités nationales et provinciales sont également interpellées pour une meilleure prise en compte des communautés locales dans les institutions et les centres de décision. Aucune communauté ne doit être oubliée sur sa propre terre. Aucune jeunesse ne doit subir la richesse de son sol sans en bénéficier.
L’UJS réaffirme sa solidarité envers tous les fils et filles SANGA au service de la République. Elle apporte son soutien aux autorités politico-administratives, aux chefs coutumiers et aux notables engagés pour le développement.
En cas d’attaque injuste, de marginalisation ou de discrimination visant un membre de la communauté, la réponse sera l’unité, la solidarité, la mobilisation citoyenne et la défense légitime des droits dans le respect des lois.
À la jeunesse SANGA, le message est direct : il est temps de se lever, de s’organiser, de se former et de participer activement au développement. Le temps du spectateur est révolu. Il faut reprendre en main l’écriture de l’histoire collective.
L’UJS invite tous les jeunes des cinq territoires concernés à rejoindre massivement ses rangs. La lutte portée est pacifique. Elle vise la dignité, la justice sociale, la promotion de la jeunesse et l’avenir de la communauté. Cette révolution est celle des idées, du travail, de l’unité et du développement.
L’avenir ne se donne pas, il se prépare et se conquiert par le travail, l’unité et la détermination. L’intérêt communautaire doit primer sur les intérêts personnels. Il faut refuser la trahison, la haine et l’égoïsme, et choisir la solidarité et le développement.
Pour conclure, l’UJS adresse ses salutations républicaines à Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, à Madame le Gouverneur du Lualaba Fifi Masuka Saini, au Maire de Kolwezi, ainsi qu’à toutes les autorités politico-administratives, coutumières, religieuses et aux forces vives œuvrant pour la paix et le développement.
L’association félicite également Tata Jean-Paul Kitubila pour sa récente élection à la présidence nationale de Lwanzo Lwa Mikuba.
Etienne Kankwende/ Rédaction