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Christian Bosembe aux journalistes : "Servez la nation, pas le pouvoir"
By GéantRadio
Published on 31/05/2026 08:41
SOCIÉTÉ

Intervenant lors d’une rencontre avec les professionnels des médias, Christian Bosembe est revenu sur les attentes du régulateur audiovisuel. Son propos fait écho au climat sécuritaire et politique tendu que traverse la République Démocratique du Congo, notamment dans sa partie Est.

Dans sa prise de parole, le président du CSAC a tenu à dissiper toute ambiguïté. « Nous n’avons pas demandé aux journalistes de chanter le pouvoir, ni de faire sa propagande », a-t-il martelé. Ce qui est attendu, précise-t-il, c’est que « les journalistes soient patriotes, qu’ils placent les intérêts de la nation au-dessus de tout, au regard du contexte actuel ». Cette nuance marque une ligne claire entre l’adhésion politique et la responsabilité citoyenne.

Pour Christian Bosembe, le patriotisme ne se confond pas avec l’allégeance à un régime. Il se traduit d’abord par la protection de la cohésion nationale. Cela implique d’éviter les contenus qui attisent la haine, la division ou la désinformation, surtout en temps de crise. Le patriotisme commande aussi la défense de l’image du pays : traiter les sujets sensibles avec mesure, sans verser dans le dénigrement systématique qui affaiblit l’État. Enfin, il exige de donner la priorité à l’intérêt supérieur, en vérifiant, contextualisant et mesurant l’impact de l’information diffusée sur la stabilité et l’unité nationale.

Cette sortie intervient alors que la RDC fait face à l’agression dans l’Est et à une guerre informationnelle intense. Le CSAC rappelle que les médias sont des acteurs stratégiques. Une information mal calibrée peut fragiliser les efforts militaires, diplomatiques et humanitaires en cours.

Le président du CSAC précise toutefois que cette exigence de patriotisme n’annule pas les principes fondamentaux du métier. La liberté de la presse demeure : critiquer, enquêter et révéler les dysfonctionnements reste légitime. Le journalisme n’est pas un outil de communication gouvernementale et le refus de la complaisance reste de mise. Mais cette liberté s’accompagne d’un devoir de discernement, surtout en période d’instabilité. La responsabilité des médias est donc accrue.

Dans les rédactions, la déclaration est perçue comme un appel à l’équilibre. Plusieurs professionnels y voient une invitation à conjuguer esprit critique et conscience nationale. D’autres attendent du CSAC qu’il garantisse aussi la protection des journalistes contre les pressions, afin que ce patriotisme ne devienne pas une injonction à l’autocensure.

Christian Bosembe trace ainsi une frontière nette. Le journaliste n’est ni un griot du pouvoir, ni un adversaire systématique. Il est d’abord un citoyen dont la plume doit servir la nation avant les intérêts partisans. Dans le contexte actuel, le CSAC érige l’intérêt supérieur de la RDC en critère cardinal du travail médiatique.

Yves Sayo 

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