Face à l’aggravation de la crise d’insalubrité qui paralyse la ville-province de Kinshasa, le Chef de l’État a tranché. Il reprend personnellement la conduite du dossier de l’assainissement urbain. Un signal fort envoyé aux Kinois, aux autorités urbaines et à tous les acteurs concernés par la gestion de la capitale congolaise.
Pour traduire cette volonté politique en actions concrètes, une task force spéciale vient d’être mise sur pied. Placée directement sous l’autorité du Président de la République, cette structure a un mandat clair : accélérer, coordonner et imposer les opérations de salubrité et de restauration de l’ordre public à Kinshasa.
L’objectif est simple et urgent. Mettre fin à la dégradation avancée qui ronge la capitale depuis des années. Dépotoirs sauvages, caniveaux bouchés, marchés pirates, constructions anarchiques, embouteillages monstres… Le tableau est connu. La nouvelle équipe doit maintenant le transformer.
Pour piloter cette machine de guerre contre l’insalubrité, le Chef de l’État a porté son choix sur un homme de terrain. Le général-major Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national, prend la tête de cette structure stratégique.
Sa nomination n’est pas un hasard. Réputé pour sa rigueur, sa discipline et sa capacité à mobiliser rapidement des troupes sur le terrain, le général Kasongo Kabwik incarne le profil d’exécutant dont Kinshasa a besoin. Loin des discours et des commissions, il est attendu sur les points chauds : les décharges illégales, les artères encombrées, les zones à risque d’inondation.
Son expérience au Service national, où il a déjà mené plusieurs opérations de réhabilitation et d’encadrement de la jeunesse, est vue comme un atout majeur. Il connaît les mécanismes de mobilisation de masse et la logistique de grands chantiers.
Les 4 chantiers prioritaires de la task force
Le mandat de cette équipe est opérationnel et sans détour. Quatre fronts ont été définis comme prioritaires :
1. Guerre aux dépotoirs sauvages : Identification, déguerpissement et évacuation de tous les sites d’immondices créés illégalement. L’accent sera mis sur les rivières, les bords de route et les espaces publics transformés en décharges à ciel ouvert.
2. Libération des espaces publics : Fin de l’occupation anarchique des trottoirs, avenues et places. Marchés pirates, garages sauvages, kiosques et terrasses illégales seront dégagés pour redonner à Kinshasa son plan de voirie initial.
3. Lutte contre l’insalubrité chronique : Curage massif des caniveaux, drainage des eaux stagnantes, et mise en place d’un système de collecte des déchets plus efficace. L’idée est de casser le cycle des inondations et des épidémies liées à la saleté.
4. Restauration de l’ordre urbain : Travailler de concert avec la police et les autorités municipales pour faire respecter les lois d’urbanisme. L’objectif est de décourager les constructions non autorisées et le commerce sauvage qui étouffent la ville.
Cette décision marque un tournant. Jusqu’ici, le dossier de l’assainissement relevait principalement du gouvernement provincial et des communes. En le récupérant, le Président envoie un message : l’échec n’est plus une option. La situation de Kinshasa est devenue une question de souveraineté et de dignité nationale.
La task force présidentielle dispose donc de tous les leviers pour agir vite. Elle doit prouver que l’État peut encore reprendre le contrôle de sa capitale. Les Kinois, fatigués de vivre dans les déchets et le chaos, attendent des résultats visibles dans les semaines à venir, pas seulement des annonces.
Le défi est immense, mais la méthode est claire : autorité, rigueur et action de terrain. Reste à voir si cette nouvelle dynamique suffira à redonner à Kinshasa le visage d’une capitale digne de la RDC.
Yves Sayo