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Salaire des fonctionnaires : Kinshasa dit stop aux inégalités entre bureaux climatisés et provinces oubliées
By GéantRadio
Published on 25/05/2026 11:25
SOCIÉTÉ

Réuni en sa quatre-vingt-dixième session ordinaire le vendredi 22 mai 2026 à Kinshasa, le Conseil des ministres a adopté une série de mesures visant à rationaliser la masse salariale et à améliorer la prise en charge des agents publics. Le Président de la République a insisté sur la nécessité de mettre fin aux inégalités persistantes et de respecter les engagements pris vis-à-vis des fonctionnaires.  

Parmi les décisions phares, le Conseil a prononcé l’interdiction de toute nouvelle revalorisation des primes au profit des catégories d’agents déjà régulièrement rémunérées. Cette mesure ne s’applique pas aux engagements issus des accords conclus avec les partenaires sociaux ni aux ajustements barémiques en cours de traitement.

Dans la même logique d’assainissement, il est également interdit de créer ou de prendre en charge de nouvelles commissions et structures permanentes. L’objectif est d’éviter la multiplication des charges budgétaires non prioritaires qui alourdissent inutilement les dépenses de l’État.  

Le Président de la République a recommandé que les économies réalisées grâce à l’assainissement de la paie et à la rationalisation des effectifs soient affectées en priorité à la prise en charge progressive des agents certifiés réguliers non encore mécanisés. 

Il en va de même pour l’enveloppe additionnelle prévue dans le projet de loi de finances rectificative 2026. Ces ressources devront servir à intégrer dans le circuit de paie les fonctionnaires valablement en service, physiquement identifiés et inscrits au fichier de référence de l’Administration publique, mais qui ne perçoivent encore aucune rémunération.  

Pour assurer la mise en œuvre rapide de ces mesures, le Chef de l’État a instruit plusieurs membres du gouvernement. Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, le Vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, Modernisation de l’Administration et Innovation du Service public, ainsi que le ministre des Finances, sont chargés de prendre sans délai toutes les dispositions nécessaires. 

Ces actions se feront sous la coordination de la Première ministre et en étroite collaboration avec le cabinet présidentiel. La mission porte sur l’exécution effective des mesures d’assainissement, l’aboutissement rapide de la nouvelle politique salariale et la finalisation des travaux d’audit de l’état liquidatif.  

Le compte-rendu du Conseil des ministres précise qu’un rapport circonstancié et global sur l’exécution de ces instructions est attendu dans un délai de trente jours. Ce document devra faire l’état des lieux des progrès réalisés et des difficultés rencontrées sur le terrain.

Selon plusieurs rapports transmis à la Présidence, de nombreux agents de l’État remplissant toutes les conditions réglementaires continuent de travailler sans percevoir de salaire. Pour le Président de la République, cette situation n’est plus acceptable. 

Il a rappelé que la rémunération ne constitue pas une faveur accordée par l’État, mais un droit fondamental à caractère alimentaire. Le non-paiement de ces agents compromet la matérialisation du sixième engagement pris devant le peuple congolais et fragilise le fonctionnement quotidien de l’administration publique.  

Les mêmes rapports mettent en évidence de profondes disparités salariales entre les différentes administrations. L’écart est particulièrement marqué entre les services centraux basés à Kinshasa et les services déconcentrés implantés dans les provinces et les entités territoriales décentralisées.

Ces déséquilibres affectent la motivation des agents et créent un sentiment d’injustice au sein de la fonction publique. Ils contribuent également à l’exode des compétences vers les structures les mieux rémunérées.  

Pour répondre à ces déséquilibres, le Président de la République avait déjà instruit le gouvernement, lors de la 3ᵉ réunion du Conseil des ministres du 28 juin 2024, d’élaborer une nouvelle politique salariale. Celle-ci doit être juste, équitable et soutenable. 

Elle repose sur les principes de rationalisation et d’harmonisation du système de rémunération. L’objectif est de garantir une grille salariale cohérente à l’échelle nationale, capable de valoriser équitablement tous les agents publics. 

Dans le cadre de cette réforme, l’Inspection générale des Finances a été chargée de conduire, en collaboration avec le gouvernement, un audit général de l’état liquidatif. Cet audit vise à identifier les dépenses irrégulières et les charges indues qui pèsent sur la masse salariale au détriment des agents régulièrement en service.

Les conclusions de cet audit devraient permettre de libérer des ressources supplémentaires pour financer la mécanisation et réduire les inégalités salariales.  

Yves Sayo 

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