Jacques Kyabula Katwe a officiellement présenté sa démission du poste de gouverneur au président de la République, Félix Tshisekedi, avec effet immédiat à compter du 21 mai 2026.
Dans une lettre adressée au chef de l’État, l’ancien gouverneur explique que cette décision intervient après une période prolongée passée à Kinshasa pour des impératifs professionnels et institutionnels. Cette présence prolongée dans la capitale l’a maintenu éloigné de Lubumbashi, chef-lieu d’une province confrontée à un contexte sécuritaire et économique exigeant.
Kyabula Katwe reconnaît dans son courrier que son éloignement a généré des « interrogations légitimes » au sein de l’opinion publique et de la classe politique provinciale. Les critiques se sont multipliées concernant le fonctionnement de l’administration provinciale, à un moment où la stabilité institutionnelle est jugée cruciale.
L’élu souligne qu’il a pris la mesure de ces signaux et qu’il en tire les conséquences sur le plan politique et administratif. Il invoque un « esprit de responsabilité républicaine » pour justifier son retrait, affirmant vouloir préserver la sérénité des institutions et éviter toute paralysie de l’action publique.
La démission intervient alors que le Haut-Katanga, considéré comme le poumon minier de la République démocratique du Congo, traverse une phase de tensions à la fois sécuritaires et économiques. La province, riche en ressources minières et frontalière de la Zambie, requiert une gouvernance de proximité, capable de répondre rapidement aux défis sur le terrain.
Dans ce contexte, l’ancien gouverneur estime que la continuité et l’efficacité de l’exécutif provincial passent par une présence physique et opérationnelle permanente. Il considère qu’il est de son devoir de ne pas faire obstacle à cette exigence de gestion de crise et de développement.
Membre actif du présidium de l’Union sacrée de la Nation, la coalition au pouvoir, Jacques Kyabula Katwe tient à réaffirmer son ancrage dans la majorité présidentielle. Il réitère sa loyauté envers le président Félix Tshisekedi et se dit « profondément attaché à la vision de stabilité, de paix et de développement » portée par le chef de l’État.
Tout en quittant ses fonctions exécutives provinciales, il indique rester disponible pour servir la République sous toute autre forme que le président jugerait utile. Cette posture vise à dissiper toute lecture d’une rupture politique et à inscrire son geste dans une logique de cohésion au sein de la majorité.
La démission ouvre désormais la voie à la désignation d’un successeur à la tête de l’exécutif provincial du Haut-Katanga. L’enjeu pour Kinshasa sera de nommer une personnalité en mesure d’assurer une gouvernance de terrain, capable de coordonner les forces de sécurité, de relancer les chantiers économiques et de rétablir la confiance entre l’administration et la population.
Les prochains jours devraient permettre de clarifier le calendrier de la transition et les modalités de l’intérim, conformément aux dispositions constitutionnelles et à la loi sur la libre administration des provinces. Pour les acteurs économiques et sociaux de la région, l’attente porte sur une reprise en main rapide des dossiers prioritaires : sécurité, assainissement urbain, suivi des projets miniers et dialogue avec les communautés locales.
Au-delà de l’aspect personnel, le retrait de Jacques Kyabula Katwe s’inscrit dans une logique de gestion politique préventive. En assumant publiquement les effets de son absence prolongée, il cherche à limiter les tensions et à éviter une crise de légitimité au sein de l’exécutif provincial.
Le message adressé au président Tshisekedi combine démission et réaffirmation de loyauté, un signal destiné à maintenir la cohérence de l’Union sacrée dans une province stratégique. Reste à savoir comment Kinshasa exploitera cette ouverture pour redéployer une équipe provinciale perçue comme pleinement engagée sur le terrain.
Lambert Mwamba