Le monde médiatique kinois retient son souffle. Dieudonné Kabengele, plus connu du public sous le pseudonyme de « Djo K », chroniqueur et figure influente de l’opinion publique en République Démocratique du Congo, a été officiellement convoqué à comparaître ce jeudi 21 mai 2026 à 12 heures.
Le lieu de rendez-vous est le Palais de Justice de Kinshasa/Gombe, siège des institutions judiciaires centrales de la capitale. La convocation émane de la Commission Nationale de Censure des Chansons et des Spectacles, la C.N.C.S, organe chargé de réguler les contenus diffusés lors des manifestations publiques et médiatiques.
Cette convocation intervient dans un contexte où le rôle des chroniqueurs et influenceurs dans l’espace public congolais est de plus en plus scruté par les autorités. Djo K, reconnu pour ses analyses tranchées et son ton direct sur les questions politiques et sociales, fait partie des voix qui marquent le débat national.
Le document officiel portant convocation a été signé le 19 mai 2026 par Adèle Nzundu Nsenga. Celle-ci exerce la fonction de Substitut du Procureur Général près la Cour d’Appel de Kinshasa et occupe également le poste de Première Vice-Présidente de la C.N.C.S.
Selon la correspondance, M. Kabengele est invité à se présenter pour être entendu sur des « faits présumés infractionnels mis à sa charge ». La formulation reste prudente et juridique, indiquant que l’audition vise à recueillir la version du chroniqueur avant toute qualification définitive des faits.
À ce jour, la nature exacte des griefs n’a pas été communiquée publiquement. La C.N.C.S n’a pas encore diffusé de communiqué détaillé précisant les éléments reprochés à Djo K, que ce soit sur le fond ou sur la forme de ses interventions publiques récentes.
Le document de convocation comporte une mention explicite concernant l’obligation de comparution. Il y est précisé que si l’intéressé ne se présente pas à la date et à l’heure indiquées, les autorités compétentes se réservent le droit de prendre les dispositions légales nécessaires pour assurer sa présentation.
Cette clause rappelle le caractère contraignant de la procédure engagée. Elle laisse entendre que l’audition de Djo K est considérée comme un acte procédural important dans le cadre de l’enquête ou de la vérification en cours menée par la commission.
Pour l’heure, aucune information ne permet de dire si le chroniqueur a déjà accusé réception de la convocation ou s’il sera assisté d’un conseil lors de son audition.
La Commission Nationale de Censure des Chansons et des Spectacles joue un rôle central dans la régulation de l’espace culturel et médiatique en RDC. Son mandat couvre l’examen des chansons, pièces de théâtre, spectacles et autres productions destinées au public, afin de s’assurer de leur conformité avec l’ordre public et les bonnes mœurs.
Son implication dans le dossier Djo K marque une extension de son champ d’action vers les contenus produits par les leaders d’opinion et chroniqueurs. Cela soulève des questions sur la frontière entre régulation, liberté d’expression et encadrement des discours publics.
La présence de la Substitut du Procureur Général dans la signature du document montre par ailleurs que la dimension judiciaire de l’affaire est déjà engagée, au-delà d’une simple procédure administrative de la commission.
Yves Sayo