Invité de l’émission _Bosolo na Politik_, l’une des tribunes les plus suivies de l’actualité politique et sociale en RDC, l’artiste musicien JB Mpiana n’a pas esquivé les sujets qui font débat. Fidèle à son style direct, le leader de Wenge BCBG 4x4 a mêlé analyse politique, anecdotes personnelles et clarifications sur sa carrière, offrant aux téléspectateurs une intervention à la fois politique, culturelle et personnelle.
Au cœur de l’entretien, JB Mpiana a réaffirmé son soutien au président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Mais au-delà du soutien politique classique, l’artiste inscrit son discours dans une lecture historique de la gouvernance actuelle.
« Fatshi a une mission, pas un mandat », a-t-il déclaré. Pour JB Mpiana, le chef de l’État est investi d’une responsabilité qui dépasse le cadre électoral. Il estime que le président reste préoccupé par le sort du peuple congolais, avec une attention particulière pour les populations de l’Est, confrontées depuis des décennies à l’insécurité et à la crise humanitaire.
Cette position s’accompagne d’un appel à la sérénité : laisser le président travailler sans être systématiquement rattrapé par les polémiques de court terme. L’artiste reconnaît par ailleurs que la décision sur l’avenir politique du pays revient au peuple congolais, seul détenteur de la légitimité démocratique.
« J’ai mangé chez Djo-K » : une franchise qui alimente le débat
JB Mpiana n’a pas éludé les controverses qui entourent ses relations avec certaines personnalités publiques. Interrogé sur sa proximité avec Djo K Kabengele, il a répondu avec son humour caractéristique :
« Qui n’a jamais mangé chez autrui ? Même Jésus a mangé chez les gens, pourquoi pas moi… J’ai d’ailleurs mangé plusieurs fois chez lui et chez les gens… moi et lui, on faisait des trucs ensemble. »
L’artiste précise avoir partagé des moments de convivialité, les fameux _makosso_, chez son interlocuteur. Sur un ton mi-sérieux, mi-dérision, il ajoute que le problème viendrait peut-être du fait qu’il n’avait pas retourné les assiettes. Une manière de désamorcer la polémique tout en rappelant que les relations humaines et professionnelles dans le milieu artistique ne peuvent se résumer à des procès d’intention.
La question de la scène internationale est également revenue dans l’échange. JB Mpiana a tenu à clarifier sa position vis-à-vis des tournées en Europe, un sujet récurrent pour les artistes congolais.
« Il y a des artistes qui se produisent en Europe avec leurs propres moyens. Moi, je ne peux pas programmer un concert simplement parce qu’un tel l’a fait. Je ferai un concert en Europe à mes conditions », a-t-il affirmé.
Pour lui, l’enjeu n’est pas de multiplier les dates, mais de préserver l’image et la valeur de son travail. L’artiste se présente comme le seul musicien congolais réellement attendu en Europe actuellement, et se dit disponible pour se produire dans de grandes salles, à condition que les producteurs respectent ses exigences artistiques et logistiques.
Cette posture s’inscrit dans une logique de défense du statut d’artiste-auteur : ne pas brader la rumba congolaise et ne pas accepter des conditions qui dévaloriseraient des décennies de carrière.
Au-delà des déclarations politiques et médiatiques, JB Mpiana a rappelé que son premier canal d’expression reste la musique. C’est à travers ses titres de rumba congolaise qu’il transmet ses messages, ses analyses et son regard sur la société. L’émission Bosolo na Politik a ainsi servi de prolongement à cette démarche : un espace où l’artiste utilise la parole publique pour compléter ce qu’il exprime déjà sur scène.
Avec cette intervention, JB Mpiana confirme son statut de figure qui dépasse le cadre musical. Artiste, influenceur et observateur de la vie nationale, il occupe une position singulière : celle d’une voix populaire capable d’interpeller à la fois le pouvoir, l’opinion et le milieu culturel.
Ses déclarations, relayées massivement sur les réseaux sociaux, montrent que chaque prise de parole de l’artiste suscite réaction et discussion. Entre soutien politique, franchise personnelle et défense de son statut artistique, JB Mpiana continue de faire entendre une voix singulière dans le paysage congolais.
Yves Sayo