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"Si elle n’est pas arrêtée, l’État de droit est mort". La phrase choc de Katende sur l’affaire Rebo
By GéantRadio
Published on 20/04/2026 10:58
SOCIÉTÉ

Dans une affaire qui secoue l’opinion publique depuis plusieurs jours, le président de l’Association africaine de défense des droits humains (ASADHO), Me Jean-Claude Katende, est sorti de son silence ce lundi 20 avril 2026. Il s’est exprimé sur les allégations de torture d’un serveur dans lesquelles le nom de l’artiste Rebo est cité. 

Dans une déclaration ferme, le défenseur des droits humains a directement interpellé les autorités judiciaires et politiques. Il a déclaré : "On va voir si quelqu'un va agir et cette femme sera arrêtée. Si cela n’est pas fait, alors l’État de droit est déjà mort."

Depuis la semaine dernière, des témoignages et des publications sur les réseaux sociaux accusent l’artiste Rebo d’être impliquée dans des actes de torture à l’encontre d’un serveur. Les faits précis restent à confirmer par l’enquête, mais l’affaire a suscité une vague d’indignation. Plusieurs organisations de la société civile et de nombreux internautes exigent l’ouverture d’une enquête impartiale et l’arrestation des responsables présumés. Jusqu’à la prise de parole de Me Katende, aucune communication officielle des instances judiciaires n’avait été rendue publique concernant d’éventuelles poursuites.

Pour Jean-Claude Katende, cette affaire dépasse le cas individuel de l’artiste Rebo. Elle constitue un indicateur de la volonté réelle des institutions à appliquer la loi sans distinction de statut social ou de notoriété. Le président de l’ASADHO rappelle que l’article 12 de la Constitution garantit l’égalité de tous les citoyens devant la loi. Selon lui, aucun citoyen, quelle que soit sa popularité, ne devrait échapper à la justice si des éléments probants existent. Il estime que l’absence de réaction de la justice enverrait un signal dangereux. Cela reviendrait à consacrer une justice à deux vitesses et à enterrer les principes fondamentaux de l’État de droit.

Cette déclaration soulève plusieurs enjeux majeurs pour le pays. D’abord, la crédibilité de la justice est en jeu, car la manière dont ce dossier sera traité influencera directement la perception des citoyens sur l’indépendance et l’efficacité du système judiciaire. Ensuite, l’affaire remet au centre du débat la lutte contre les violences. Les organisations de défense des droits humains insistent depuis plusieurs années sur la nécessité de sanctionner fermement les actes de torture, qualifiés de crime par le droit congolais et le droit international. Enfin, elle relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques et sur l’exemplarité que doivent observer les figures médiatiques, au regard de l’impact de leur comportement sur la société.

Des réactions sont désormais attendues à plusieurs niveaux. La société civile attend du parquet l’ouverture d’une information judiciaire. Le Procureur de la République compétent devrait se saisir d’office au regard de la gravité des faits allégués. De son côté, l’artiste Rebo ne s’est pas encore exprimée officiellement. Une mise au point de sa part ou de son entourage est attendue pour éclairer l’opinion. Parallèlement, le Ministère de la Justice et le Ministère des Droits Humains sont appelés à garantir que l’enquête se déroule sans interférence politique.

Sur le plan juridique, le Code pénal congolais punit la torture de servitude pénale, avec des peines alourdies lorsque des circonstances aggravantes sont retenues. La RDC est également partie à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. À ce titre, elle a l’obligation d’enquêter, de poursuivre et de sanctionner les auteurs de tels actes. Me Katende a toutefois rappelé un principe essentiel : toute personne accusée bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par un tribunal.

Par sa sortie, le président de l’ASADHO met la pression sur l’appareil judiciaire et replace le débat sur le terrain des principes. Au-delà du nom de Rebo, c’est la capacité de l’État à protéger chaque citoyen et à sanctionner les abus qui est interrogée. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si l’affaire connaîtra une suite judiciaire ou si, comme le craint Me Katende, l’inaction signera l’échec de l’État de droit. L’ASADHO indique qu’elle va documenter le dossier et saisir les instances compétentes pour s’assurer qu’une enquête crédible soit menée.

Yves Sayo 

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