À quelques heures de l’élection du gouverneur du Sankuru prévue ce mercredi 15 avril, la ville de Lusambo fonctionne au ralenti. Les autorités ont pris plusieurs mesures préventives pour sécuriser le scrutin.
Les établissements scolaires primaires et secondaires, publics comme privés, sont fermés depuis ce mardi sur instruction de l’EPST. L’objectif est d’éviter d’exposer les élèves à d’éventuels troubles.
L’administration publique est également en veille. Une circulaire du gouvernement provincial demande aux fonctionnaires de rester à domicile. Seuls les services essentiels de santé, de sécurité et des finances maintiennent une permanence minimale.
Le dispositif sécuritaire a été renforcé. Des éléments de la PNC et des FARDC sont déployés autour de l’Assemblée provinciale, du gouvernorat, de l’entrepôt de la CENI et aux principaux carrefours. Des patrouilles mixtes circulent dans les quartiers Tshisampu, Katako et Lualaba. Ce dispositif restera en place jusqu’à la proclamation des résultats.
Ces précautions s’expliquent par un contexte tendu. Le scrutin intervient après des mois d’intérim et de tensions judiciaires. Deux camps s’affrontent pour obtenir les voix des 25 députés provinciaux. Les précédentes élections dans la province ont été marquées par des manifestations et des accusations de corruption.
Sur place, la société civile salue la sécurisation mais appelle à éviter une paralysie prolongée et demande la réouverture des écoles dès jeudi. Parents et commerçants disent comprendre la mesure, tout en s’inquiétant de l’impact sur le calendrier scolaire et des pertes économiques. L’activité au marché central tourne au ralenti.
Du côté de la CENI, le matériel sensible est sécurisé. Le vote à bulletin secret débute à 9h00 ce mercredi, sous la supervision des observateurs de la CENCO, de la SYMOCEL et de l’Union Africaine. Les résultats provisoires sont attendus sous 48h.
Une évaluation sécuritaire est prévue jeudi matin pour décider de la levée des mesures. Les autorités appellent au calme et mettent en garde contre les discours de haine. Les leaders religieux organisent des prières pour la paix.
Au-delà du nom du futur gouverneur, ce vote est perçu comme un test de stabilité institutionnelle pour le Sankuru, province au fort potentiel agricole et diamantifère mais freinée par l’instabilité politique chronique.
Lambert Mwamba