Le mardi 14 avril 2026, à la Cité de l’Union africaine, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a accordé une audience au nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République Démocratique du Congo, James Swan.
Cette rencontre marque la première prise de contact officielle entre le Chef de l’État congolais et le diplomate onusien, qui assume également les fonctions de Chef de la MONUSCO.
L’entretien a permis d’établir les fondements d’une collaboration renforcée entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en RDC, dans le cadre de son mandat récemment renouvelé par le Conseil de sécurité.
D’après la Présidence de la République, les discussions ont porté prioritairement sur la mise en œuvre des Résolutions 2808 et 2773 adoptées par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Ces deux textes constituent désormais la feuille de route qui encadre l’action de la MONUSCO sur le territoire congolais et redéfinissent ses priorités opérationnelles.
La Résolution 2808 et la Résolution 2773 insistent sur une évolution du rôle de la mission onusienne. L’objectif est d’aller au delà d’un simple mandat d’observation pour s’orienter vers un appui concret aux mécanismes de stabilisation.
Dans les faits, la MONUSCO est désormais chargée d’accompagner le Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu.
Ce dispositif a été mis en place à l’issue des initiatives diplomatiques menées à Washington et à Doha, visant à désamorcer la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Le mandat assigné à la mission onusienne s’articule autour de deux axes majeurs.
Premier axe : garantir le retour effectif de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. Cela implique un soutien logistique, technique et sécuritaire aux institutions congolaises dans les zones affectées par les conflits.
Deuxième axe : contribuer au démantèlement des administrations parallèles jugées illégitimes par Kinshasa. Ces structures ont été installées dans les zones actuellement sous occupation militaire rwandaise, selon les autorités congolaises.
Pour le Gouvernement, la présence de ces entités parallèles constitue une atteinte directe à la souveraineté nationale et à l’intégrité territoriale de la RDC.
Cette première audience intervient dans un contexte où les autorités congolaises réclament une MONUSCO plus proactive.
Kinshasa souhaite que la mission onusienne recentre son action sur la restauration de l’intégrité territoriale et sur l’accompagnement des Forces armées de la RDC.Le mandat renouvelé est perçu par les officiels congolais comme un tournant stratégique.
L’Organisation des Nations Unies est appelée à quitter une posture d’observation passive pour adopter un rôle de soutien actif aux efforts de stabilisation. La République Démocratique du Congo fait face depuis plusieurs années à une situation sécuritaire complexe dans sa partie orientale.
La persistance de groupes armés et les tensions régionales ont conduit le Gouvernement à solliciter un engagement plus déterminé de la communauté internationale. En recevant James Swan, le Président Tshisekedi a réitéré la position de la RDC : toute action de la MONUSCO doit s’inscrire dans la logique de reconquête de la souveraineté et de protection des populations civiles.
Yves Sayo