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Affaire Rebo Tchulo : le tribunal militaire de Kinshasa-Ngaliema rendra son verdict final le 20 août 2026
By GéantRadio
Published on 11/08/2026 11:14
SOCIÉTÉ

Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a fixé au jeudi 20 août 2026 à 9 heures le prononcé de sa décision dans le dossier qui oppose la chanteuse congolaise Deborah Tshimpaka, plus connue sous le nom de scène Rebo Tchulo, à la justice militaire. L’annonce a été faite après la clôture des débats et la mise en délibéré de l’affaire, intervenue le lundi 10 août 2026.

Cette affaire, qui retient l’attention depuis plusieurs mois à Kinshasa, porte sur des faits présumés survenus dans la nuit du 17 au 18 avril 2026 au domicile de l’artiste. Elle met en cause à la fois une personnalité publique et plusieurs membres des Forces armées de la République démocratique du Congo.

Poursuivie devant la juridiction militaire, Deborah Tshimpaka doit répondre de l’infraction d’incitation de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC. Selon l’accusation, l’artiste aurait tenu des propos et adopté une attitude ayant conduit des éléments en uniforme à poser des actes répréhensibles.

À la barre, la prévenue a rejeté en bloc les griefs retenus contre elle. Elle a affirmé ne pas connaître personnellement les militaires cités dans le dossier et a contesté toute implication dans les faits qui leur sont reprochés. Sa défense plaide l’absence de lien direct entre ses déclarations et les actes posés par les éléments des FARDC cette nuit-là.

Lors de l’audience du 7 août 2026, le ministère public a présenté ses réquisitions. Contre Rebo Tchulo, il a requis une peine de 14 mois de servitude pénale principale. 

Le parquet a également requis une peine plus lourde à l’encontre du sous-lieutenant Zababu Musafiri. Présenté comme le chef de la patrouille intervenue au domicile de la chanteuse, l’officier encourt 40 mois de servitude pénale. Le ministère public estime que sa responsabilité de commandement engage directement sa culpabilité dans le déroulement des événements.

La partie civile, constituée par les avocats de Platini Sadisa Kasaï, a pour sa part sollicité la condamnation de Deborah Tshimpaka au paiement de la somme de 250 000 dollars américains. Cette somme est réclamée à titre de réparation du préjudice matériel et moral allégué par le plaignant.

Face à cette demande, la République démocratique du Congo, appelée en garantie dans la procédure, a demandé au tribunal de la déclarer irrecevable. L’État congolais conteste ainsi sa mise en cause dans le paiement d’éventuels dommages et intérêts dans ce dossier.

Au-delà du cas de l’artiste, le tribunal examine également la situation de treize militaires poursuivis dans le même dossier. Parmi eux, quatre sont actuellement en fuite et jugés par défaut.

Les préventions retenues contre ces éléments des FARDC sont particulièrement lourdes. Ils doivent répondre de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires. Toutes ces infractions auraient été commises à l’encontre de Platini Sadisa Kasaï lors de l’intervention du 17 au 18 avril 2026.

Le dossier met donc en lumière des dysfonctionnements présumés au sein d’une patrouille militaire, et soulève la question de la discipline et du respect des procédures d’intervention au sein des forces de sécurité.

La mise en délibéré intervenue le 10 août marque la fin de la phase d’instruction à l’audience. Le tribunal dispose désormais de quelques jours pour analyser l’ensemble des pièces, des dépositions et des réquisitions avant de rendre sa décision.

Le prononcé du jugement, prévu le 20 août 2026 à 9 heures, devra trancher à la fois sur la culpabilité de Rebo Tchulo, sur la responsabilité du sous-lieutenant Zababu Musafiri et des autres militaires, ainsi que sur la recevabilité et le bien-fondé des demandes indemnitaires formulées par la partie civile.

Compte tenu de la notoriété de l’accusée et de la gravité des faits reprochés aux militaires, cette décision est attendue avec une attention particulière à Kinshasa. Elle pourrait également avoir des répercussions sur le débat public concernant les relations entre civils et forces armées, et sur le respect de la discipline au sein des FARDC.

Yves Sayo 

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