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TP Mazembe Englebert : Katebe Katoto revendique la paternité du club et crie à l’ingratitude
By GéantRadio
Published on 02/08/2026 08:13 • Updated 02/08/2026 08:17
SPORT

L’intervention n’est pas passée inaperçue. Invité cette semaine du SPACE X animé par le journaliste Stanis Bujakera, Raphaël Katebe Katoto, 82 ans, a livré un témoignage sans détour sur l’histoire du TP Mazembe Englebert. L’homme d’affaires, figure économique du sud-est de la RDC, estime que sa contribution à la pérennité du club le plus titré du pays est aujourd’hui passée sous silence.

Dès l’ouverture de l’échange, il a posé les termes : « Le TP Mazembe Englebert, c’est Katebe Katoto. Si le TP Mazembe est encore là aujourd’hui, c’est Katebe qui l’a laissé sur pied ». Une formule forte, répétée à plusieurs reprises, pour marteler qu’au-delà des présidents et des dirigeants successifs, un travail de fond a été accompli en amont et mérite d’être reconnu.

Pour Raphaël Katebe Katoto, l’histoire du club ne peut se raconter sans évoquer la période où le football katangais cherchait des relais économiques solides. Il se présente comme l’un des principaux artisans du maintien du TP Mazembe à une époque où les financements publics étaient irréguliers. 

« J’étais un opérateur économique connu dans toute la région et dans tout le pays », rappelle-t-il. Selon lui, son réseau d’entreprises a permis d’injecter des ressources directes et indirectes au club, d’assurer la logistique des déplacements, l’équipement des joueurs et, plus largement, de donner une visibilité au Mazembe au-delà des frontières provinciales.

Il insiste sur la continuité : depuis les années 1970, son implication n’a pas été ponctuelle. Elle s’est traduite, dit-il, par un accompagnement dans les moments difficiles, lorsque le club devait faire face à des charges importantes sans garantie de rentrées.

Au-delà du football, Raphaël Katebe Katoto revient longuement sur son rôle auprès de la Gécamines. Pour lui, soutenir le géant minier, c’était soutenir toute une région. 

« S’il y avait une personne qui nourrissait la Gécamines, avec plus de 40 000 familles à faire vivre, c’était Katebe Katoto », affirme-t-il. Il décrit une période où l’entreprise publique structurait l’économie du Haut-Katanga et où les opérateurs privés avaient une responsabilité sociale directe : approvisionner, transporter, payer à temps, pour éviter la rupture.

Cette même logique, selon lui, a profité au sport. « Si les gens pouvaient se divertir et assister aux matchs de football, c’était grâce à Katebe Katoto », lance-t-il. L’idée est simple : sans stabilité économique, pas de stades pleins, pas de compétitions régulières, pas de rayonnement.

Il revendique ainsi une double casquette, économique et sociale, qui aurait permis au TP Mazembe de traverser les crises et de rester une vitrine pour le pays.

Le ton est monté lorsqu’il a évoqué la mémoire collective. Pour l’homme d’affaires, il existe une tendance à oublier ceux qui ont posé les premières briques. D’où son appel : « Ne faisons pas preuve d’amnésie ».

Il ne demande pas une place officielle, mais une reconnaissance historique. Dans son récit, le TP Mazembe n’est pas seulement le produit d’une passion populaire. C’est aussi le résultat d’investissements, de prises de risque et d’un ancrage territorial fort dans le Haut-Katanga.

Raphaël Katebe Katoto a conclu son intervention en rappelant qu’il a « beaucoup œuvré pour le pays, en particulier pour la province du Haut-Katanga ». Une manière de replacer le club dans un écosystème plus large, où l’économie, le social et le sport se tiennent.

La sortie de Raphaël Katebe Katoto rouvre une discussion récurrente à Lubumbashi : qui écrit l’histoire du TP Mazembe Englebert ? Entre dirigeants historiques, sponsors, supporters et autorités, les récits se superposent parfois.

À 82 ans, il choisit de fixer sa version. Qu’on la partage ou non, elle a le mérite de rappeler que derrière les trophées et les grandes affiches, il y a eu des décisions économiques, des soutiens discrets et des engagements de longue haleine.

Dans le SPACE X de Stanis Bujakera, suivi par des milliers d’auditeurs, cette déclaration aura au moins eu un effet : remettre au centre du débat la question de la mémoire des bâtisseurs du football congolais.

Yves Sayo 

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