À quelques jours du coup d’envoi du championnat national des moins de 17 ans, prévu le 26 juillet 2026 à Kinshasa, une ombre plane sur la participation de l'US Cap Vert de Kolwezi. Deuxième classé derrière Gecos après le championnat provincial des jeunes, la formation kolwezienne fait aujourd’hui face à d’importantes difficultés financières qui pourraient l’empêcher d’effectuer le déplacement dans la capitale.
Née il y a quelques années à Kolwezi, l'US Cap Vert n’est pas une équipe comme les autres. Issue des quartiers et formée au sein de l’Entente de Football des Jeunes de Kolwezi, EUFJKOL, elle a gravi patiemment tous les échelons.
Année après année, le club a bâti son identité autour d’un projet simple mais ambitieux : miser sur la jeunesse locale. Aujourd’hui, l’effectif est composé majoritairement de joueurs originaires de Kolwezi et des environs. Des jeunes formés sur place, dans les terrains poussiéreux de la cité, et qui portent haut les couleurs de leur province.
En peu de temps, Cap Vert est devenu un symbole. Un symbole de travail, de persévérance et de fierté pour le Lualaba. Le club s’est imposé comme l’un des porte-étendards du football de formation dans la ville de Kolwezi, attirant le regard des observateurs et l’admiration du public sportif local.
La sélection de Cap Vert pour le championnat national U17 à Kinshasa était perçue comme la juste récompense de ce travail de fond. C’est une vitrine nationale, l’occasion pour ces jeunes talents de se mesurer au meilleur niveau et de rêver plus grand.
A quelques heures du lancement de la compétition, le rêve risque de tourner court. Joint par la rédaction de Géant Radio, le président du club, Eddy Sony Lupasa, également encadreur reconnu de la jeunesse au Lualaba, tire la sonnette d’alarme.
Selon lui, le club rencontre des difficultés majeures pour mobiliser les moyens nécessaires au déplacement de la délégation à Kinshasa. Transport, hébergement et restauration : le budget est loin d’être bouclé. Et le temps presse.
Conscient des enjeux, le comité sportif du Club place désormais son espoir dans un sursaut des autorités. Il croit encore à un retournement de situation dans les prochaines heures.
Pour le président, il serait incompréhensible et douloureux de voir Cap Vert absent de cette compétition nationale. Une absence qui, selon lui, ferait l’objet de nombreuses critiques, tant l’attente est grande au sein de la population sportive du Lualaba.
Il faut le rappeler : ce championnat national U17 ne se limite pas à une simple compétition. Depuis l’arrivée du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, à la tête du pays, le sport de formation est redevenu une priorité nationale.
Cette compétition offre aux jeunes footballeurs congolais un rêve inestimable. C’est une plateforme de détection, une passerelle vers les sélections nationales de jeunes et, pour certains, le point de départ d’une carrière professionnelle. Pour beaucoup de ces garçons de Kolwezi, c’est la première et peut-être l’unique chance de montrer leur talent à l’échelle du pays.
Voir l’US Cap Vert manquer ce rendez-vous reviendrait donc à briser l’élan de toute une génération de footballeurs du Lualaba.
Le gouvernement provincial du Lualaba, sous le leadership de Fifi Masuka Saini, a multiplié ces dernières années les initiatives en faveur du sport. Des équipes soutenues, des disciplines encouragées.
C’est dans cette continuité que les acteurs sportifs attendent aujourd’hui un geste fort. Un geste qui permettrait à Cap Vert de faire le voyage, de défendre dignement les couleurs du Lualaba et de montrer que la province compte parmi les viviers du football congolais.
Les heures qui viennent seront décisives. Les dirigeants du club, les parents des joueurs et tout le peuple sportif de Kolwezi retiennent leur souffle.
L’enjeu dépasse le cadre d’un simple match. Il s’agit de l’avenir de jeunes qui ont travaillé dur, qui croient en leur talent, et qui ne demandent qu’une seule chose : la possibilité de jouer.
Etienne Kankwende