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Vidéo choc à Bonne Semence : L’ONG Maman Astride Ngolu interpelle la justice contre WASS Security
By GéantRadio
Published on 19/07/2026 17:24 • Updated 19/07/2026 17:28
SOCIÉTÉ

Une vidéo largement partagée ce week-end dernier met en lumière un cas présumé de violences internes au sein de WASS Security, société de gardiennage basée dans le Haut-Katanga. Un agent aurait été violemment frappé par un collègue, au motif d’une absence et d’un retard au travail.

L’ONG Maman Astride Ngolu dénonce un "traitement inhumain et une humiliation publique" et appelle à des sanctions immédiates.

Selon le témoignage de la victime, recueilli auprès de l’ONG, tout commence le jeudi. L’agent termine son service, rentre chez lui, mais son état de santé se dégrade. Le vendredi, il reste alité toute la journée, incapable de se rendre au travail.

Le samedi, deux responsables hiérarchiques se présentent à son domicile en compagnie de son petit frère. Ils affirment agir sur instruction du chef. "C’est Grégoire, l’un de mes chefs directs, qui m’a dit que le chef m’appelait", rapporte l’agent.

Au lieu de se rendre aux bureaux de l’entreprise, le groupe poursuit sa route. Le petit frère est déposé en chemin. La destination finale n’est pas le siège de WASS Security, mais l’école Bonne Semence, où l’agent devait apparemment effectuer une "remise et reprise".

C’est à cet endroit que la situation dégénère. D’après le récit, deux personnes identifiées comme "Magnifique" et "Grégoire" restent à l’extérieur de l’enceinte. Lorsque la victime entre pour la procédure de passation, Magnifique la rejoint à l’intérieur de l’enclos de l’école et se jette sur elle. "Il m’a rossé directement. Il a commencé à me tabasser comme vous l’avez vu dans la vidéo", déclare l’agent.

Les images, filmées sur place, montrent des coups portés avec une violence qui a nécessité une prise en charge médicale en urgence. La victime a été conduite à l’hôpital. Son état de santé serait aujourd’hui stable.

D’après les informations transmises par l’ONG, l’agression serait intervenue parce que l’agent s’était absenté la veille pour raison de santé et s’était présenté en retard le jour des faits. 

Un élément aggrave le dossier selon les témoins : l’auteur présumé des coups, Magnifique, est présenté comme un pratiquant de boxe. "Un peu plus âgé et pratiquant de la boxe récemment, il a manifestement pris le luxe de s’exercer avec des coups qui ont amené la victime jusqu’à l’hôpital", souligne le témoignage. L’ONG rappelle que la boxe est une discipline sportive qui n’encourage en aucun cas ce type de violence en dehors du cadre réglementé.

Consternée par la scène, l’ONG Maman Astride Ngolu a rendu public un communiqué pour dénoncer les faits. Pour l’organisation, il ne s’agit pas d’un simple conflit interne, mais d’un cas de "violences humaines et d’humiliation d’un père de famille".

"Nous lançons une alerte aux autorités compétentes. Cet agent qui a pris le luxe de tabasser un père de famille en le déshonorant, et en filmant la scène, doit être interpellé. L’entreprise WASS Security doit également répondre de ses pratiques de gestion du personnel", indique l’ONG.

L’organisation exige deux actions concrètes : 

1. L’interpellation immédiate de l’agent mis en cause afin qu’il réponde de ses actes devant la justice.

2. La fermeture temporaire des activités de WASS Security le temps d’une enquête administrative sur les conditions de travail et les méthodes disciplinaires appliquées au sein de l’entreprise.

Le secteur de la sécurité privée est régulièrement pointé du doigt au Haut-Katanga pour ses conditions de travail précaires, le manque de formation aux droits humains et l’absence de mécanismes de gestion des conflits. 

Des juristes rappellent que même en cas de faute professionnelle, un employeur n’a aucun droit de recourir à la violence physique. Le Code du travail congolais prévoit des sanctions disciplinaires graduelles, mais exclut toute forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant.

Le fait que l’agression se soit déroulée en dehors des locaux de l’entreprise, dans une école, et qu’elle ait été filmée, pose également la question de l’encadrement des agents en mission et de la responsabilité de l’employeur.

Au moment de la publication de cet article, la direction de WASS Security n’avait pas encore réagi officiellement aux accusations. Des tentatives de contact sont en cours pour recueillir la version de l’entreprise et des deux chefs cités dans le témoignage, Grégoire et Magnifique.

L’ONG Maman Astride Ngolu appelle toute personne disposant d’informations complémentaires à se manifester. Elle demande également au Parquet et à l’Inspection du travail du Haut-Katanga d’ouvrir une enquête afin que "justice soit rendue et que de tels actes ne se reproduisent plus".

Etienne Kankwende 

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