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Ebola en RDC : "Une crise s’ajoute à une situation déjà impossible", prévient Greg Ramm
By GéantRadio
Published on 22/05/2026 07:56
SANTÉ

Une nouvelle épidémie d’Ebola met la République démocratique du Congo sous pression. L’alerte est lancée par Save the Children Fund, qui décrit une situation d’urgence où chaque heure compte pour éviter une flambée incontrôlable. L’organisation dénonce un système de santé affaibli, une détection tardive et un manque d’équipement criant face à la propagation du virus dans l’est du pays.

L’ONG se prépare à déployer une réponse d’envergure pour soutenir les structures sanitaires locales et accompagner les familles touchées. Mais elle insiste : sans mobilisation internationale immédiate, le risque de voir l’épidémie s’aggraver est réel.

Dans son communiqué du mardi 19 mai 2026, Save the Children rappelle une réalité lourde des précédentes épidémies : les jeunes enfants sont parmi les plus vulnérables. Contaminés au contact de soignants ou de proches malades, ils enregistrent souvent des taux de mortalité particulièrement élevés.

Au-delà du danger sanitaire direct, l’organisation met en garde contre les effets collatéraux. Pendant une épidémie d’Ebola, les enfants subissent des traumatismes psychologiques, de la stigmatisation et un risque accru d’exploitation. Le taux de létalité élevé de la maladie laisse aussi de nombreux orphelins. Perdant un ou leurs deux parents, certains se retrouvent isolés, rejetés par leur communauté, voire abandonnés.

Greg Ramm, directeur de Save the Children en RDC, décrit une épidémie qui s’inscrit dans un tableau déjà sombre. 

"L’épidémie d’Ebola constitue une nouvelle crise majeure qui s’ajoute à une situation déjà difficile. Des circonstances exceptionnelles rendent cette épidémie bien plus complexe à contenir que celles que nous avons connues récemment. Elle se situe dans une zone de conflit et de crise humanitaire, où des centaines de milliers de personnes sont déplacées et où les systèmes de santé sont déjà fortement compromis."

La difficulté est renforcée par la nature même du virus en circulation. Il s’agit d’une souche Bundibugyo, différente de la souche Zaïre habituellement rencontrée dans la province. Les tests disponibles ciblaient la souche Zaïre et sont revenus négatifs. Lorsque la souche Bundibugyo a été identifiée, la transmission était déjà avancée.

 "Nous sommes engagés dans une course contre la montre", résume Greg Ramm.

Le responsable déplore une tendance récurrente : l’attention internationale se focalise sur les maladies médiatisées, comme le mpox il y a deux ans, et aujourd’hui Ebola, alors que la RDC fait face à des urgences sanitaires depuis des années.

Pour lui, l’enjeu dépasse la gestion immédiate de l’épidémie. Il s’agit d’assurer un accès pérenne aux soins de base pour les enfants congolais, même une fois l’alerte levée. 

La stratégie immédiate de Save the Children repose sur trois axes :

1. Sensibilisation de terrain : diffuser les gestes barrières, limiter les contacts, éviter tout contact direct avec les personnes malades.

2. Prévention et contrôle des infections : installer des protocoles de base dans les centres de santé.

3. Approvisionnement d’urgence : fournir du chlore et des désinfectants là où les stocks manquent.

 "Il est crucial que la communauté internationale intensifie ses efforts pour protéger les enfants et les familles en RDC et contribuer à freiner la propagation du virus. Nous avons besoin de matériel, d'équipes sur le terrain et de la mobilisation de tous pour assurer la sécurité des populations", plaide Greg Ramm.

Cette 17e épidémie d’Ebola déclarée en Ituri intervient alors que la RDC traverse l’une des pires crises humanitaires au monde. L’escalade des conflits cette année a provoqué une explosion des déplacements : 5,6 millions de personnes déplacées, dont environ 2,5 millions d’enfants. Au total, 15 millions de Congolais, soit près d’une personne sur sept, dépendent aujourd’hui de l’aide humanitaire.

Vingt-quatre heures après la déclaration officielle de l’épidémie, l’Organisation mondiale de la Santé a classé la situation en urgence de santé publique de portée internationale. La décision, annoncée le samedi 16 mai 2026, s’appuie sur plusieurs facteurs : un taux de positivité élevé dès les premiers échantillons, une propagation documentée au-delà des frontières congolaises vers l’Ouganda, et l’absence de vaccin ou de traitement approuvé contre la souche Bundibugyo.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, précise toutefois que l’épidémie ne remplit pas, à ce stade, les critères d’une urgence pandémique. 

La mobilisation est donc lancée, mais le temps joue contre les équipes sur le terrain. La capacité à contenir le virus dépendra désormais de la rapidité et de l’ampleur de la réponse internationale.

Biobe Mugheni 

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