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La C64 se contente de défendre la Constitution. Sauvons la RDC veut enterrer le régime
By GéantRadio
Published on 20/05/2026 20:01
POLITIQUE

Le Mouvement Sauvons la RDC, proche de l’ancien président Joseph Kabila, a réagi ce mercredi 20 mai à la création de la Coalition Article 64 pour la Défense de l’Ordre Constitutionnel, dite C64. Dans un communiqué officiel, le mouvement accueille favorablement l’initiative tout en estimant que le cadre d’action proposé reste limité face à l’ampleur des défis politiques actuels en République Démocratique du Congo.

Signé par Me Moïse Nyarugabo Muhizi, coordonnateur du secrétariat technique du mouvement, le document reconnaît le caractère « noble et légitime » du combat mené par la C64. Cette coalition s’est donnée pour mission principale de s’opposer à toute révision constitutionnelle visant à instaurer un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi. Pour Sauvons la RDC, défendre la Constitution et empêcher un glissement vers un pouvoir à vie constitue en effet un impératif démocratique.

Cependant, le mouvement juge cette posture « insuffisante ». Il considère que la lutte ne peut se réduire à la seule question du mandat présidentiel. Dans son analyse, le problème de fond dépasse la personne de Félix Tshisekedi et touche à la structure même du pouvoir en place. Le communiqué parle sans détour d’un « cancer de la tyrannie, de l’arbitraire et de la mauvaise gouvernance » qui rongerait les institutions congolaises.

Pour Sauvons la RDC, limiter la mobilisation à la défense de l’article 64 reviendrait à traiter un symptôme sans s’attaquer à la maladie. Le mouvement appelle donc à élargir le champ du combat politique et citoyen. L’objectif affiché est clair : obtenir une rupture nette avec les pratiques autoritaires et rétablir un fonctionnement normal des contre-pouvoirs, de la justice et de l’administration publique.

Le communiqué exhorte ainsi « le peuple congolais » à se mobiliser pour « mettre un terme définitif à la dictature ainsi qu’à toute tentative de sa perpétuation ». Cette formulation place la barre plus haut que le simple refus d’un troisième mandat. Elle suggère une volonté de changement de régime plus global, orienté vers la restauration de l’État de droit et la fin de l’impunité.

Cette prise de position confirme la stratégie de Sauvons la RDC : se présenter comme une force d’alerte et de mobilisation en dehors des canaux partisans classiques. En saluant la C64 tout en marquant ses distances, le mouvement cherche à occuper l’espace des organisations de la société civile qui veulent une alternance crédible et des réformes structurelles.

La référence à l’article 64 de la Constitution n’est pas anodine. Cet article reconnaît à tout citoyen le devoir de faire échec à tout individu ou groupe qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation de la Constitution. En s’appuyant sur ce fondement juridique, la C64 et Sauvons la RDC tentent de donner à leur action une légitimité constitutionnelle forte.

Au-delà de la critique, le texte est un appel à l’action. Il invite les organisations politiques, les mouvements citoyens, les syndicats et les confessions religieuses à dépasser leurs divergences pour bâtir un front commun. L’idée est de créer une dynamique populaire capable de peser sur l’agenda politique et d’empêcher toute dérive autoritaire.

Le mouvement insiste sur la nécessité d’une mobilisation pacifique, organisée et soutenue dans le temps. Il met en garde contre la dispersion des énergies et le piège des luttes sectorielles qui affaiblissent l’opposition. Selon lui, seule une pression populaire large et coordonnée peut contraindre le pouvoir à respecter les règles du jeu démocratique.

Cette déclaration intervient dans un climat politique tendu, marqué par des débats récurrents sur une possible révision de la Constitution et sur les limites du mandat présidentiel. L’émergence de la C64 s’inscrit dans ce contexte comme une réponse structurée des forces qui s’opposent à tout changement des règles électorales avant 2028.

Pour Sauvons la RDC, l’enjeu dépasse l’échéance électorale. Il s’agit de reconstruire la confiance des citoyens dans les institutions et de rompre avec une culture politique fondée sur l’arbitraire. Le mouvement estime que sans cette rupture, même un changement de personne à la tête de l’État ne garantirait pas une amélioration durable de la gouvernance.

En résumé, Sauvons la RDC soutient l’élan de la C64 mais l’invite à porter une ambition plus large : passer de la défense de la Constitution à la lutte contre les mécanismes de la dictature. Un message qui vise à fédérer au-delà des clivages et à ancrer le combat démocratique dans une perspective de transformation profonde de l’État congolais.

Lambert Mwamba 

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