Stéphane Shisso n'est ni un politicien, ni un activiste. Je le connais depuis 19 ans, d'abord à la Radio télévision Nyota, puis comme cameraman principal de mon équipe au cabinet du gouverneur Moïse Katumbi. Taciturne de nature, il n'a jamais donné d'interviews, ne s'est jamais mis sous les projecteurs et n'a jamais exprimé d'opinion politique ! Pourquoi le ferait-il ? Sa place est derrière la caméra, face à ceux qui expriment leurs opinions, sans en avoir la responsabilité.
Cameraman chevronné, il est derrière toutes les vidéos importantes du gouverneur, de l'opposant, du président sportif, du candidat président Moïse Katumbi. Courageux, il ne recule devant rien pour qu'une prise de vue réussisse. Je l'ai vu porté par des grues, grimper des arbres, monter des toitures pour prendre l'image qu'il fallait...
Professionnel passionné, lors de l'étape de Kolwezi, en pleine campagne électorale, il a fait une chute brutale qui le blessa au genou. Il n'a pas arrêté de filmer le meeting avant d'être pris en charge longtemps après.
Un homme qui gagne dignement son pain, par son travail, pour nourrir sa famille. Ses enfants et sa chère épouse, qu'il aime passionnément. Cette épouse qui m'a fait le récit glaçant de son brutal enlèvement hier par des personnes non formellement identifiées et qui l'ont conduit vers une destination jusqu'en ce moment inconnue. Pourquoi ? Pour quel crime ?
Stéphane est le cameraman privé d'un politicien, cela ne fait pas de lui un politicien. Que lui reproche-t-on ? Laissez ce père de famille clôturer en beauté cette fin d'année avec sa famille, avec ses modestes revenus de cameraman, de l'argent propre, qu'il ne vole à personne.
LIBÉREZ STÉPHANE SHISSO, LIBÉREZ NOTRE CAMERAMAN, LIBÉREZ MON AMI... JE VOUS PRIE
Rédaction