La tension est palpable au siège de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA). Le processus électoral, qui devait aboutir à la désignation des nouveaux dirigeants des ligues nationales, est au cœur d'une vive polémique.
Le Comité de Normalisation (CONOR), chargé de superviser les élections, est accusé de vouloir prolonger son mandat et d'ingérer dans l'autonomie des ligues.
La réunion qui a eu lieu ce jeudi 05 mars 2026 avec les représentants des trois ligues majeures (LINAFOOT, LINAFF et LINAFJ) a tourné au bras de fer. L'objectif initial était de clarifier le chronogramme électoral, mais les discussions ont rapidement dégénéré.
Le CONOR a annoncé que le temps était trop court pour tenir les élections dans les délais, arguant de difficultés logistiques pour faire arriver les délégués à Kinshasa avant le 10 mars.
Pour de nombreux observateurs, cet argument cache une volonté délibérée de prolonger un mandat déjà contesté. "Nous sommes déjà jeudi, et entre le week-end qui approche et les difficultés logistiques, les élections pourraient être repoussées de quelques jours", a déclaré un membre du CONOR. Cette annonce a été perçue comme un "glissement" déguisé, les ligues ayant déjà exprimé leurs inquiétudes quant à la gestion du CONOR.
Mais les critiques ne s'arrêtent pas là. Le CONOR est également accusé de vouloir s'accaparer l'organisation matérielle des scrutins, réservant des hôtels et des billets d'avion sans consulter les ligues.
Plus grave encore, il y a des soupçons de mainmise sur le choix des électeurs. Ces pratiques violeraient directement les textes qui stipulent que les ligues nationales sont les seules maîtres d'œuvre de leurs propres élections.
L'histoire semble se répéter à la FECOFA, le CONOR actuel reproduisant les mêmes erreurs que les précédents comités. Les ligues nationales, qui avaient déjà exprimé leurs inquiétudes, se sentent maintenant flouées et menacées dans leur autonomie. La situation est d'autant plus préoccupante que le football congolais peine à se relever de ses difficultés.
La question qui se pose maintenant est de savoir si le CONOR a réellement raison de reporter les élections.
Les ligues nationales sont-elles prêtes à accepter ce report, ou vont-elles se mobiliser pour défendre leur autonomie ? Une chose est sûre, la situation est explosive et nécessite une résolution rapide pour éviter que le football congolais ne sombre dans une crise encore plus profonde.
Etienne Kankwende/ Rédaction